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Soutiens vadais au football féminin en Suisse romande


Deux Jurassiens de l’extérieur originaires du Val Terbi ont apporté leur contribution à l’éclosion du football féminin en Suisse romande: Michel Fleury et Lucien Chételat. Le premier est né le 21 février 1946 dans une famille installée dans le Nord vaudois. Après sa scolarité, il suit une formation de droguiste (1962-1967), puis de libraire à Neuchâtel (1967-1969). Joueur aux FC Yverdon, Lausanne et Estavayer, il est victime d’un grave accident de football qui l’oblige a arrêter la compétition à 18 ans. Il se lance alors dans la formation, entraînant d’abord les juniors puis les footballeuses d’Yverdon. Il fut aussi un des membres fondateurs du Groupement des équipes féminines dont l’assemblée réunie à Neuchâtel en février 1969 lança le championnat romand. À l’issue de cette compétition, il prit également la tête de l’Association issue de ce mouvement. Michel Fleury suit dès 1971 le cursus de l’Association suisse de football (ASF) pour obtenir le diplôme d’entraîneur. Devenu instructeur, il donne de très nombreux cours de formation et de perfectionnement. Il accède ensuite au poste de directeur technique au sein du Lausanne-Sports (1981-1985), puis de Neuchâtel-Xamax (1987-1994).

MIchel Fleury en 1979, alors directeur tech-
nique à Neuchâtel-Xamax


Le parcours professionnel et sportif de Lucien Chételat (1935-2003) est mal connu. On sait seulement qu’il a été membre du FC Marin, créé en 1964, et travaillé à la Migros-Neuchâtel qui avait inauguré en mai 1962 son premier entrepôt dans la localité. Pour renflouer les finances de la société, le «Jurassien du club» lance en 1966 l’idée d’une compétition de football inspirée des Grümpelturnier qu’il avait découverts en Suisse allemande. Il s’agit de tournois amicaux et décontractés, organisés à l’occasion de fêtes de villages. Les équipes, réduites à six, parfois costumées, sont composées, du moins au départ, de joueurs plutôt novices et désinvoltes qui ne pratiquent pas, en principe, ce sport dans un club. C’est essentiellement dans ce cadre que l’équipe féminine du FC Goitschel, créée à Murgenthal (AG) en 1964, commença à jouer.


La formule, inconnue jusque là en Suisse romande, ne semble pas avoir séduit d’emblée à Marin. Il fallut faire du «colportage» pour que les inscriptions montent à quarante en 1966. Le succès fut en revanche au rendez-vous les années suivantes avec 56, puis 68 équipes inscrites en 1967 et 1968. Ce succès semble avoir incité les organisateurs à mettre sur pied une autre compétition réservée aux femmes. Le 3 juin 1969 L’Impartial signale que «l’équipe Migros vient de remporter le tournoi féminin de Marin (6 équipes) avec 3 victoires acquises sans concéder le moindre but!». En outre, un groupe réservé aux footballeuses et doté de deux prix offerts par Lucien Chételat est constitué lors de l’édition de 1969 du tournoi à six qui comptabilisait 80 inscriptions. Quatre équipes de dames y prendront part, notamment deux issues de la formation de Boudry qui participe alors au championnat romand et une de Serrières. Les “Sourires boudrysans I” remportèrent le challenge de la meilleure équipe et les “Cover Girls” celui de la troupe la mieux costumée.

Lucien Chételat en 1973


Lucien Chételat quitta Marin en août 1969, abandonnant du même coup ses fonctions dans l’organisation du tournoi. Le groupe des équipes féminines survécut à son départ jusqu’en 1972. On ignore tout des équipes qui y prirent part, à l’exception d’une seule, de La Chaux-de-Fonds, victorieuse en 1971. Le comité dut «malheureusement» renoncer à leur participation dès l’édition de 1973. Mais la graine était semée dans la région où elle germera très rapidement ailleurs, notamment à Tavannes dès 1971.


Cyrille Gigandet

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